Sanofi abandonne son vaccin et commercialisera celui de son concurrent américain, Novavax – Libération

Sanofi abandonne son vaccin et commercialisera celui de son concurrent américain, Novavax – Libération
Sanofi abandonne son vaccin et commercialisera celui de son concurrent américain, Novavax – Libération

La page Covid se tourne pour Sanofi. Le laboratoire français a annoncé ce vendredi 10 mai qu’il ne commercialiserait plus son propre vaccin anti-Covid et vendrait désormais le produit de son concurrent américain Novavax, qu’il tentera de combiner avec ses vaccins contre la grippe. « Les dernières doses de VidPrevtyn Beta ont expiré fin janvier 2024. Nous avons retiré la demande d’autorisation de mise sur le marché auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) »affirme le groupe pharmaceutique.

« Cette décision n’est pas liée à des préoccupations d’efficacité, de sécurité ou de qualité, mais simplement au fait qu’il existe un approvisionnement suffisant en autres vaccins contre le Covid-19 dans le monde », souhaite clarifier le groupe. Et pour cause : cette décision marque encore une fois la nouvelle étape franchie par le secteur pharmaceutique dans la période post-pandémique. Car si les groupes s’étaient d’abord engagés dans une véritable course contre la montre – qui s’est avérée très lucrative – les ventes de ces vaccins, si précieux en temps, sont aujourd’hui en fort déclin.

C’est le britannique AstraZeneca qui a ouvert le bal il y a trois jours en annonçant le retrait de son vaccin, l’un des premiers mis sur le marché pendant la pandémie et dont le nom est devenu très familier au grand public. Le laboratoire l’a également justifié par une baisse de la demande.

Pour Sanofi en revanche, le cas est un peu différent. Déjà parce qu’il est moins emblématique – le nom de son vaccin a eu moins de poids, puisqu’il a tardé à sortir et n’a commencé à être utilisé qu’en décembre 2022. Surtout, il n’abandonne pas complètement le secteur : il récupère l’exploitation d’un autre vaccin, celui de Novavax. Comme le produit français, celui américain ne repose pas sur l’ARN messager (contrairement à Pfizer ou Moderna) mais sur une technologie plus traditionnelle. Cependant, comme le Français, il est arrivé plus tard et a été moins favorisé dans les campagnes de vaccination anti-Covid, la technologie de l’ARN messager faisant preuve d’une plus grande efficacité.

Les deux groupes annoncent donc avoir conclu « un accord de licence co-exclusif pour la co-commercialisation d’un vaccin Covid-19 et le développement de vaccins combinés grippe-Covid-19 ». Selon cet accord, le groupe français commercialisera ce vaccin à partir de 2025 – sauf dans quelques pays, comme l’Inde, où Novavax a d’autres accords. Sanofi devra verser entre 500 millions et 1,2 milliard de dollars à son partenaire américain et sera également chargé de gérer les questions réglementaires ainsi que la recherche et le développement. Il pourra toutefois prendre une petite part – moins de 5 % – de Novavax. Le contrat prévoit également que Sanofi puisse développer des vaccins combinés contre la grippe et le Covid, sur la base de celui de Novavax.

Contre le Covid et la grippe

En revanche, les problématiques diffèrent entre les deux laboratoires. D’une part, le sort de Novavax dépend fortement de son vaccin Covid. Très fragilisé financièrement depuis plusieurs mois, le petit groupe a vu son titre chuter entre 4 et 5 dollars alors qu’il en valait des centaines au plus fort de la pandémie. Après l’accord, son titre a plus que doublé de valeur et a dépassé les dix dollars ce vendredi à la Bourse de New York.

Pour Sanofi en revanche, la baisse des ventes de vaccins anti-Covid ne remet pas en cause son existence. L’accord permet non seulement au géant pharmaceutique de régler le sort de son propre produit, mais aussi de se concentrer sur une vaccination combinée à son vaccin antigrippal. Car le groupe français est avant tout l’un des acteurs majeurs des vaccins anti-grippe, dont l’importance est rappelée chaque hiver par les professionnels de santé auprès des personnes vulnérables.

 
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