est-ce la faute du Covid ? – .

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Les recrues sont essoufflées : est-ce la faute du Covid ?

Publié aujourd’hui à 11h07

Chaque année, lors du recrutement, l’armée mesure la condition physique de dizaines de milliers de conscrits à l’aide d’un test permettant de vérifier leur condition physique. Environ 95% de tous les jeunes hommes suisses, chaque année de naissance, doivent participer au recrutement. Le test permet également de voir comment les capacités physiques des jeunes Suisses ont évolué au fil des années.

Et à cet égard, les derniers résultats s’avèrent intéressants. Depuis le début de la pandémie, les performances des recrues ont considérablement diminué dans presque toutes les disciplines. Cette baisse de performance affecte principalement les exercices d’endurance et de force.

En 2006, les recrues pouvaient encore maintenir le rythme fixé pendant 767 secondes en moyenne (environ 12 minutes). Les recrues ont même augmenté leur endurance au fil des années, atteignant 799 secondes (un peu plus de treize minutes) en 2020. Puis est survenue une baisse sans précédent : en 2022, elles n’y sont parvenues que pendant 751 secondes. Cela correspond à une baisse des performances de près de 6% et constitue un nouveau record négatif.

Même en salle, lors de la « course de navette », où les conscrits doivent faire des allers-retours le plus longtemps possible au rythme imposé, la performance moyenne a diminué par rapport à avant la pandémie.

Pour le test de force de base, dont l’objectif est de faire la planche le plus longtemps possible et de lever les jambes en alternance, la baisse de performance est la plus importante (près de 7 %). Si les rookies ont tenu environ 121 secondes en 2019, ils n’ont tenu que 113 secondes en moyenne en 2022.

Les résultats se sont également détériorés pour les exercices de force pure comme le saut en longueur debout ou le lancer de médecine-ball.

En revanche, peu de changements ont eu lieu pour la discipline de l’équilibre sur une jambe, qui demande moins de force et d’endurance.

Alain Dössegger mène des recherches à l’Université fédérale des sports de Macolin (HEFSM) et est chargé d’évaluer les données du test d’aptitude physique de l’armée. Le scientifique a examiné les résultats des recrues et a découvert (à l’exception de la course de navette) des différences statistiquement significatives dans les performances des recrues au fil des ans. En d’autres termes : la baisse des performances n’est pas le fruit du hasard.

Alain Dösseger ne peut cependant que spéculer sur la cause de cette modification des valeurs de performance physique. Une raison possible pourrait être le manque d’activité physique pendant la pandémie. « Même si, selon les études, nous n’avons pas constaté de déclin général significatif », dit-il.

L’Enquête suisse sur la santé 2022publiée récemment, n’a également révélé aucun changement dans le niveau d’activité physique de la population par rapport à 2017. Selon l’enquête, plus de quatre jeunes adultes de moins de 25 ans sur cinq font suffisamment d’exercice pendant leur temps libre, et seulement 5 % sont inactifs.

Cela correspond également aux données collectées directement lors du recrutement en 2022 : 77 % des recrues s’estimaient alors suffisamment actives. Cette situation n’a pas changé ces dernières années. De même, le nombre de conscrits n’a guère augmenté pendant la pandémie.

Le Covid pourrait-il être responsable de la baisse des performances ? Alain Dössegger ne peut pas prouver le lien de cause à effet, mais il ne veut pas non plus l’exclure. Il déclare : « Le Sars-CoV-2 peut affecter le corps pendant très longtemps. Je connais quelques personnes qui, après le Covid, ne peuvent plus donner toute leur performance. Quand je demande à des unités de l’armée très actives physiquement si elles ont constaté une perte de performance maximale, une bonne moitié des gens, même s’ils sont très entraînés, se sentent concernés.»

« Dans les années à venir, nous assisterons à de plus en plus de baisses de performances dans notre société. »

Wilhelm Bloch, Université allemande des sports de Cologne

Wilhelm Bloch est directeur de l’Institut de recherche sur le système circulatoire et de médecine du sport de l’Université des sports de Cologne. Il s’intéresse de près à la question des effets d’une infection au Covid-19 sur les sportifs.

« Ici, à l’Université des Sports de Cologne, nous constatons de plus en plus souvent que le Covid entraîne une baisse des performances chez les athlètes. C’est pourquoi ces données sur les recrues suisses, qui montrent une baisse de leur condition physique, sont très intéressantes», déclare Wilhelm Bloch.

Wilhelm Bloch et son équipe examinent actuellement ces relations dans une étude qui sera publiée prochainement. “Ce que je peux déjà dire : on constate que certains athlètes n’ont plus réussi à atteindre le niveau de performance d’avant l’infection, même à long terme”, explique le médecin.

Étudier les effets du coronavirus

Le SARS-CoV-2 présente des particularités qui peuvent être « très désagréables ». Par exemple, le virus modifie les globules rouges et rétrécit les vaisseaux sanguins : l’oxygène n’est plus délivré aussi efficacement et atteint moins bien les muscles. « Cela a une influence négative sur les performances, notamment dans les disciplines d’endurance aérobic. On observe souvent une accélération du pouls au repos et à l’effort», précise Wilhelm Bloch.

Wilhelm Bloch et Alain Dössegger plaident pour que les effets du Covid sur la santé soient systématiquement étudiés.

Wilhelm Bloch ajoute : « Sinon, je suis convaincu que nous assisterons dans les années à venir à de plus en plus de baisses de performances dans notre société. »

Marc Brupbacher dirige l’unité Storytelling chez Tamedia à Zurich. En plus de l’équipe interactive, il est également responsable des blogs. Auparavant, il a occupé, entre autres, les fonctions de responsable de l’information et de rédacteur en chef. Il écrit principalement des articles basés sur des données – depuis 2020, notamment sur la crise du coronavirus.Plus d’informations @MarcBrup
Yannick Wiget est un journaliste de données. Il travaille depuis 2015 au sein de la rédaction de Tamedia à Zurich. Il opère à la croisée de l’équipe interactive et de la rédaction en ligne. Il donne également des cours internes de narration numérique et dirige l’équipe de vérification des faits.Plus d’informations @yannickw3

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