Yannick Grillon graffitis l’histoire sur les murs

Yannick Grillon graffitis l’histoire sur les murs
Yannick Grillon graffitis l’histoire sur les murs

Bleu et blanc, les couleurs de Mont-de-Marsan. Visible depuis la rue d’Alsace-Lorraine, une vaste et éblouissante fresque est apparue sur l’une des façades de l’ancien cinéma Le Royal. Et son créateur est juste devant.

Yannick Grillon, tatoueur emblématique de Mont-de-Marsan, est basé rue du Maréchal-Bosquet. Lorsqu’il n’est pas dans son salon de tatouage, il revient à sa passion première : la peinture en bombe, son outil favori. « J’ai commencé à faire du graffiti en 1998. Même si je suis aujourd’hui tatoueur, j’ai toujours peint. C’est juste le temps qui me manque», confie l’artiste montois.

Amoureux de la culture gasconne et de son territoire, il investit les remparts de la ville depuis plusieurs années. Objectif ? Rendez hommage aux Landes, aux événements et aux personnages marquants qui ont façonné le département et Mont-de-Marsan.

« J’ai commencé à faire du graffiti en 98. Même si je suis aujourd’hui tatoueur, j’ai toujours peint »

Aujourd’hui, il mène ce projet avec son association Pop-corn, créée en janvier 2024. « Nous souhaitons créer des fresques qui raconteraient l’histoire culturelle de Mont-de-Marsan. Amener l’art dans la rue permet aux gens de découvrir des choses qu’ils n’auraient pas faites seuls », explique Yannick Grillon.


Haute de 12 mètres, la fresque est visible depuis la rue Alsace-Lorraine.

Philippe Salvat / SO

Raconter l’histoire locale

Le festival Arte flamenco est un incontournable du paysage culturel de Moun. Cette immense œuvre d’art en est un rappel direct. Camaron de la Isla est l’un des musiciens les plus adorés d’Espagne, celui qui a fait entrer le flamenco dans la modernité et qui a offert un incroyable concert à Mont-de-Marsan lors de la deuxième édition d’Arte flamenco, en juillet 1990.

Son large sourire, guitare à la main, s’étend désormais sur tout un mur de la ville. Un choix logique pour le tatoueur, très inspiré par la musique espagnole. « Normalement, quand on regarde les guitaristes de flamenco, ils ont tendance à avoir un regard profond, sérieux, c’est dans la douleur qu’ils jouent. Lui, au contraire, a ce sourire d’enfant, il s’éclate. »

Et ce n’est ni un ordre de la mairie, ni du propriétaire des murs. Yannick Grillon et son association se sont directement rapprochés de ce dernier, avant de faire une demande auprès des Bâtiments de France, se trouvant en zone protégée. C’est un acte autonome et volontaire.

Une fois les autorisations en main, il ne reste plus qu’à lancer le projet. Les bénéfices de la Tattoo Convention, co-organisée par Pop Corn et Confluences Musicales, leur ont permis de créer cet imposant tableau dans la ville : 5 000 euros ont été nécessaires. « Ce qui est touchant, c’est que le bâtiment soit abandonné. Dans la rue, de nombreux commerces ont fermé et celui-ci en était un élément central. Le peindre en blanc apporte de la lumière à la rue. »

C’est perché sur un panier de près de 12 mètres de haut qu’il s’est mis au travail, du jeudi 16 mai au dimanche 19 mai. Vingt-cinq heures de travail pour coucher, comme sur le papier, ce visage souriant. « En plus d’être le bleu de la ville, c’est aussi la couleur qui se rapproche le plus de celle du Bic. Cette même intensité. Ce que j’aime dans mes dessins et mes peintures, c’est rester au plus près du croquis. Je voulais garder cette énergie et donner l’impression du dessin », explique Yannick Grillon.


La fresque en hommage à Camaron de la Isla orne les murs de l’ancien cinéma Le Royal.

Philippe Salvat / SO

Une galerie à ciel ouvert

Le tatoueur a ce projet en tête depuis plus de dix ans : faire de Mont-de-Marsan une véritable galerie à ciel ouvert, avec des fresques qui racontent son histoire. Soumise au conseil de quartier du centre-ville, elle n’a finalement pas abouti. Mais la détermination des Montois n’a pas faibli.

« Les murs, je les ai en tête »

Jean Rameau, Francis Planté, Gérard et son frère Pierre Auban, Claude Becq, George Corominas : autant d’artistes de la région que Yannick Grillon souhaite immortaliser sur les façades de la ville. Un carnet entier est consacré à ses idées de fresques.

Les prochains artistes à passer sous la bombe du tatoueur : George Corominas puis les frères Auban. « Les murs, je les ai en tête. Après, c’est avoir les autorisations et tout ça qui prend du temps. L’idée est de faire parler les murs, car « des murs blancs, des gens muets ». »

 
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