la nature pullule sur les murs d’Eysines grâce aux fresques de l’artiste A-MO – .

Masque de protection sur le visage et bombe de peinture à la main, A-MO réinvente avec son imagination un mur qui s’étend le long de l’avenue du Taillan et de la piste cyclable Bordeaux-Lacanau. La circulation est dense ce jour-là. Quelques klaxons et pouces levés semblent valider l’univers coloré…

Masque de protection sur le visage et bombe de peinture à la main, A-MO réinvente avec son imagination un mur qui s’étend le long de l’avenue du Taillan et de la piste cyclable Bordeaux-Lacanau. La circulation est dense ce jour-là. Quelques klaxons et pouces levés semblent valider l’univers coloré en train de naître.


Les piétons devront éviter d’effleurer le mur sous peine de se frotter aux piquants du hérisson.

Olivier Delhoumeau

Le street artiste, dont le travail est bien identifié à Bordeaux, réalise une fresque concrétisant l’un des projets lauréats du budget participatif 2023. Elle est portée par Nicolas Lagavardan, un habitant de la commune qui défend l’idée de faire entrer l’art dans l’espace public à travers des œuvres accessibles et gratuites.


Julien Olivier, assistant culture, Nicolas Lagavardan (le porteur du projet) et l’artiste A-MO devant un rouge-gorge plus vrai que nature

Olivier Delhoumeau

Caractère familier

Restait à se mettre d’accord sur le contenu. Le thème de la nature ressortait. Rien d’atypique ou d’exotique, mais une célébration d’une flore et d’une faune familières. Le service du développement durable de la Ville a soutenu le travail de référencement. De là est née l’idée de la huppe sur le mur (5x8m) de la salle de sport de Pinsan.


Les passagers du tram D verront défiler en quelques secondes un échantillon de la faune et de la flore locales

Olivier Delhoumeau

L’avenue du Taillan ne propose pas la même configuration, A-MO a dû s’adapter au format rasant de cette longue frise d’environ 100 mètres linéaires sur 1,50 de hauteur. On y retrouve tout un univers faisant écho à l’espace forestier en arrière-plan. Dans un tapis d’herbes hautes, le graffeur a fait ressortir un rouge-gorge, un grand-duc d’Amérique déployant ses ailes, un hérisson, une libellule bleue, des coquelicots, etc. Une galerie de vie dont il se sent proche. Mais l’épreuve n’est pas seulement artistique, elle est aussi physique. « Les appuis ne sont pas élevés, je dois plier les jambes. Au final, c’est comme si j’avais fait 8 heures de ski », sourit le quadragénaire.

Le vol d'une huppe sur un mur de la salle de sport de Pinsan


Le vol d’une huppe sur un mur de la salle de sport de Pinsan

Olivier Delhoumeau

Vivant de son art depuis une dizaine d’années, A-MO s’exprime aussi bien dans la rue que sur le web, ses œuvres ayant eu les honneurs de lieux comme l’Institut Culturel Bernard Magrez ou le Musée des Beaux-Arts de Libourne. A Eysines, ses peintures parviennent à « faire tomber » le mur blanc d’origine. Le regard ne bute plus sur l’uniformité minérale mais s’enfonce dans la profondeur des traits. Un trompe-l’oeil vous invitant à découvrir ce qui se cache derrière lui.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV 80 ans du Débarquement en Normandie. Un peintre belge attaque des vitrines. – .
NEXT Jean Hélion, peintre de bernard-l’ermite – Libération